Balles perdues

Balles perdues

Balles perdues

Jennifer Clément

Editions Flammarion

297 pages

« La tragédie, ce n'est pas comme un médicament. On ne te donne pas une dose définie, dans une cuillère ou dans un comprimé. La tragédie s'invite en permanence. »

Pearl vit une enfance presque normale, dans une Amérique des paradoxes et des excès.

Son quotidien avec sa mère et une amie de son âge, Avryl May, se passe entre une aire de jeux et des cigarettes volés, qu’elles vont fumées au bord d’une rivière infecté d’alligators.

Cette vie, elle se déroule dans une vieille voiture, qui leur sert d’habitat et qu’elles ont aménagée pour répondre aux exigences du quotidien.

Entre le lait en poudre pour les céréales, le siège avant qui est la chambre de Pearl et le tableau de bord qui sert tour à tour de bureau pour les devoirs ou de piano fictif pour l’évasion, la vie se déroule d’une drôle de manière dans un champ de caravanes et de camping-car typiquement américain.

Pearl va réaliser au fur et à mesure que le pasteur local organise un trafic d’arme gigantesque sous couvert d’une œuvre de bienfaisance veillant à reprendre les armes pour le bienfait du culte.

Ce trafic va attirer Eli, un mystérieux voyageur qui va prendre une place de plus en plus important dans la Mercury familiale et va obliger Pearl à une indépendance de plus en plus forte.

 

Roman scindé en deux émotions. Une première partie plutôt poétique et enjoué ou malgré leur situation, la mère et la fille se sont fondés un quotidien heureux et soudés.

Jennifer Clement décris une classe sociale pauvre de la Californie, obligé de vivre dans une voiture, au bord d’une décharge et d’une rivière toxique. Le vivre ensemble et la débrouille permettent au tout à chacun de survivre et un bonheur fragile.

Et puis, soudain, tout s’écroule, les amitiés de façade, les sourires et l’espoir. Le culte des armes emporte tout sur son passage. La violence et la dureté sont omniprésentes dans cette seconde partie mais une pointe d’humour noire est toujours sous-jacente et donne un côté ou l’on ne sait pas si l’on doit rire ou pleurer.

Un roman très fort, une petite Pearl solide et faible à la fois, que l’on a envie de prendre sous son aile. Un état des lieux de l’Amérique qui donne à frissonner et à réfléchir.

Une très belle lecture, une auteure à suivre.

Editions flammarion

Ajouter un commentaire