Comme si j’étais seul

Comme si j etais seul

Comme si j’étais seul

Marco Magini

272 pages

Folio

« A Srebrenica, la seule façon de rester innocent était de mourir. »

Trois personnages, trois voix pour raconter l’horreur de la guerre. Le conflit se passe à côté de chez nous, en ex Yougoslavie en 1995.

Trois hommes qui chacun à leur façon vont voir leur vie bouleversé par la guerre. Certains de façon frontale, d’autres de façon plus insidieuse.

Drazen n’aime pas la guerre, ni l’armée, ni devoir choisir à quel camp il appartient. Il n’est ni Serbe ni Croate, il est tout à la fois et pourtant, la faim et le devoir de nourrir sa femme et sa fille vont l’obliger à s’engager.

Dirk est un soldat Néerlandais. Casque bleu de l’ONU, il va devoir défendre les Serbes musulmans et va être confronté au génocide, à la bêtise administrative et à l’impuissance crasse et odieuse.

Roméo Gonzales est juge au tribunal pénal internationale, assuré de rendre un jugement rapide et efficace, il va voir ses certitudes volées en éclats et ses convictions s’ébrécher.

Ces trois protagonistes se retrouvent empêtrés bien malgré eux dans un conflit ou ils n’ont ni leur place, ni la conviction indispensable pour y prendre part.

 

L’auteur livre ici un roman choral sur le plus lourd conflit depuis la deuxième guerre mondiale qui, bien qu’ayant eu lieu à côté de chez nous, nous parait si loin.

Ici, il n’est nul question de jugement mais simplement de s’interroger. Tuer pour ne pas être tué est ce condamnable ? Pour quelles raisons au fond les hommes tuent ?

Un roman bouleversant ou l’alternance des points de vue offre une profondeur au récit. En donnant la vision de 3 personnages touchés de près ou de loin par cette guerre, on en saisit toute l’horreur.

Sans pathos ni recours à aucuns clichés du genre, Marco Magini livre un roman épatant sur un conflit trop vite oublié et nous rappelle si besoin, que les blessures de guerre prennent de nombreuses formes…

folio

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