Grands carnivores

Grands carnivores

 

 

Grands Carnivores

Bertrand Belin

Editions P.O.L

« Il a des responsabilités. Il est le récemment promu. Il devra garantir la bonne marche des entreprises cependant que son frère empilera des croûtes. »

Ici, une ville sans nom. Sa banlieue, ses populaces qui s’échinent pour gagner de quoi nourrir leurs familles. Des gens de tous les bords, des luttes de classes intemporels et des arrivistes.

En tête de liste, le récemment promu. Nommé à la tête d’une fabrique de boulons, ressorts, vis etc…

Personnage cynique et froid, jaloux et obsessionnel. Obnubilé par la vacuité de son frère, peintre et artiste, perdant son temps dans de vulgaires marivaudages au lieu de servir faits et causes pour l’empire.

Et au milieu, un cirque ambulant avec le vérificateur de cages qui va voir son destin sombrer quand une nuit, il va découvrir les cages des fauves complétement vides.

Psychose et démence vont alors s’installer dans la ville et lorsque l’on va retrouver le corps d’une vieille possiblement tuée par les bêtes, c’est un état de siège qui va s’installer et le côté sombre de l’être humain qui va régner sur la bourgade…

 

C’est drôle, je n’attendais absolument rien de ce roman et en le refermant, j’ai beaucoup pensé à Zola. Mettons des guillemets car je vais me faire clouer au pilori comme tout malheureux osant la comparaison avec les grands auteurs immortels et intouchables. Et pourtant, cette fresque sociale, puisque c’est de cela qu’il s’agit, et cette galerie de personnages croquant la vie sous l’empire, possède ce décorum que Zola savait installer. Toutes les franges de la population y sont représentées et chacun à la bonne place. On ne mélange pas les classes sociales, chacun à son pouvoir, son privilège et la peur de perdre une miette et de descendre d’une case est palpable et omniprésente.

Cette histoire de fauves s’échappant d’un cirque ambulant permet de dépeindre une société qui n’a finalement que bien peu changé et fait particulièrement écho à une actualité sociale qui se répète chaque samedi. Pour peu que des fauves s’échapperaient du cirque qui vient de débarquer dans ma ville, je penserai l’auteur comme un grand visionnaire… ou surtout un sacré bon romancier…

 

 

 

 

Editions P.O.L

Commentaires (2)

La Semeuse de Livres
  • 1. La Semeuse de Livres | 19/03/2019
Belle analyse qui, au-delà du titre, donne très envie de lire ce livre. Merci pour la découverte.
charlieetsesdrolesdelivres
  • charlieetsesdrolesdelivres (site web) | 19/03/2019
Merci et en effet, il faut vraiment lire ce roman qui ne paie pas de mine mais qui se démarque vraiment de la masse des sorties.

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