la malchimie

La malchimie

La Malchimie

Giséle Bienne

Actes sud

 

 

 

 

 

« Ces industriels sèment le mal et le mal en impose. Ils peuvent tout acheter, experts, avocats, politiques. Chez eux, ça fonctionne en vase clos, c’est “Secret-défense”. »

Le récit d’une mort annoncée voilà comment aurait pu s’appeler ce livre…

L’auteure accompagne son frère, son petit frère, dans les chambres capitonnées d’un hôpital de province. Il est ouvrier agricole. La terre c’est sa vie. En faisant des recherches aux racines du mal, L’auteure va découvrir des immondices effroyables.

Bayer, Monsanto, Roundup… Autant de noms qui nous sont devenus familier, qui règnent économiquement sur le marché des produits phytosanitaires et qui répandent la mort sans scrupules et sans résistances aucunes…

«Quand la lumière des projecteurs éclairera les coulisses des fléaux provoqués par ces produits, ce sera une secousse sismique qui s’étendra à plusieurs pays»

Dans cet hôpital, les chambres stériles sont occupées en grande partie par les agriculteurs. Les plus exposés ? Les viticulteurs.

Les terres champenoises sont même les plus empoissonnées de France. La terre du champagne, la terre du luxe, comme un symbole ou un effet boomerang…

Et le petit frère, dans ce désastre sanitaire, va vivre sa maladie stoïquement. La souffrance s’intensifiant, l’auteure va jongler avec les souvenirs de leur enfance pour tenter de lui faire oublier la souffrance quelques secondes.

Lorsque Sylvain parle de la cause de son mal, avec beaucoup de sagesse et de lucidité il évoque des pratiques devenus incontournables depuis les années 60.

 «On traite contre les maladies, pour les rendements, la propreté. On traite dans la plaine de façon préventive, curative, et intensive toujours. On traite, c’est radical et ça rapporte.»

Récit intime de la mort (on pourrait presque parler d’assassinat) d’un proche, ce livre est pourtant l’histoire d’une magnifique histoire d’amour, de complicité, entre une sœur et son plus jeune frère.

Tout ce que l’on y lit est à glacer le sang et pourtant ça se passe encore chaque jour autour de nous.

Des solutions existent, des procès sont intentés mais bien souvent les victimes décèdent avant le verdict. Les mutuelles ne reconnaissent pas ces pathologies comme maladies professionnelles….

Une évidence en fermant ce livre, changer ses habitudes de consommation c’est une forme de combat et surtout une façon de protéger tous ces travailleurs de la terre…

Editions Actes Sud

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