Né d'aucune femme

Ne daucune femme

 

Né d’aucune femme

Franck Bouysse

La manufacture des livres

« Il a ramené une gamine, hier. Elle s'appelle Rose. Bon Dieu, ça peut pas être le hasard. Rose. Elle est belle comme un jour de soleil. »

Le père Gabriel est appelé à l’asile pour bénir le corps d’une femme. Une voix las et fluette va lui demander de récupérer des cahiers cachés sous les habits de Rose et d’en faire bonne usage.

Dans ces carnets se cache l’horrible vérité, la tragique histoire de Rose.

Ainée de 4 filles, elle a 14 ans lorsque son père la vend à un riche propriétaire pour une bourse pleine de pièces.

Sans explications ni au-revoir, sa nouvelle vie de domestique va l’amener dans une demeure aussi sombre et sinistre que le cœur des deux habitants, le maitre de forge et sa mère, personnages odieux et aux sombres prétentions.

Pendant que Rose va domestiquer l’écriture en déchiffrant les journaux du notable et consigner son quotidien dans des carnets, son père, poussé par d’horribles remords et par son épouse inconsolable de la perte de sa fille, va partir sur les traces de Rose…

 

Un roman choral très sombre ou chaque personnage va prendre la parole au fur et à mesure pour sonder l’irracontable.

Le chapelet d’émotions que l’auteur réussi à faire passer dans ses pages est d’une richesse absolue.

Tel un architecte des mots, il construit un univers intemporel où les maux de la société poussent les hommes à d’atroces actes.

Entre violence et rédemption c’est surtout une femme magnifique qui ressort de cette histoire, une bonté d’âme qui surnage dans la crasse la plus atroce. Ce roman est d’une puissance narrative inouï.

Ca fait du mal mais ça fait du bien… Roman du paradoxe, Rose reste enfouie en moi à jamais et Franck Bouysse vient de graver son nom dans mon panthéon personnel.

 

La manufacture des livres

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